J' allai dans ma chambre et m' allongeai sur mon lit. Le comportement de Sasuke envers Hiroe est compréhensible, mais il pourrait quand même faire un effort pour être un minimum gentil avec elle! Ce qui est arrivé n' est pas de sa faute! Je m' avançai à ma fenêtre et regardai dehors. Les réverbères éclairent faiblement ces rues vides et muettes. Peu de gens sortent après le couvre-feu, c' est beaucoup trop dangereux! Les gens sont devenus égoïstes, dès qu' ils voient quelqu' un dehors après 19h, ils le dénoncent auprès des rôdeurs! Comme ça, ils ont droit à des permissions temporaires... En ces temps difficiles, on doit être solidaires les uns avec les autres... Non? Je ne sais pas quelle est la meilleure façon de penser et je m' en fiche. Revenons-en à cette rue déserte qui s' offre à mes yeux. Cela fait plusieurs soirs que je distingue des ombres se promener dans les rues, sans jamais être poursuivies par les rôdeurs. Ce sont sûrement des criminels ou je ne sais quoi d' autre. J' ai toujours peur qu' ils me voient les regarder à travers la fenêtre. En parlant de ça, je peux appercevoir au loin une ombre qui se détache de l' obscurité. Instinctivement, j' éteinds la lumière et me mets à genoux devant la fenêtre, pour que je sois moins visible de dehors. J' observe avec attention cette silhouette qui avance dans la nuit. Je détaille cette ombre, mais je ne peux rien en tirer. Je ne sais même pas si c' est un homme ou une femme! Je suis sa progression des yeux. Il suffit d' un bruit pour que l' ombre disparaisse. Je la cherche des yeux, mais elle a vraiment disparue. Je pousse un long soupire, je n' ai plus rien à faire maintenant. Tout ce qu' il me reste à faire, c' est d' aller voir Sasuke. Je me dirige donc vers sa chambre. Je frappe à la porte et entre dès que j' entends la voi grave de mon frère qi me dit d' entrer. Lui aussi a l' air de s' ennuyer! Il m' invite à venir m' assoir sur son lit.
Yuna: Toi aussi tu t' ennuie?
Sasuke: Ouais... Ce couvre-feu nous pourri vraiment la vie! On peut plus rien faire!
Yuna: Moi j' y suis habituée, j' ai toujours connu ça...
Sasuke: Mouais... Tu connaîtrais la liberté tu haïrais le couvre-feu autant que moi!
Yuna: Peut-être...
Un blanc s' est installé. Je n' ose pas lui parler de sa mère...
Sasuke: Je vois bien que ça t' intrigue que ma mère ne soit plus là...
Yuna: Oui en effet...
Sasuke: *Se tape le front avec la paume de sa main* Et puis voilà que je me mets à parler comme toi...
Yuna: Et alors?
Sasuke: C' est ta mère aussi.
Yuna: Peut-être par le sang, mais pas par les liens!
Sasuke: Je le sais bien, c' est pareil avec papa!
Yuna: ...
Sasuke: *Soupire* Je sais bien que c' est pas ta faute...
Yuna: *Lui souris* Donc tu veux toujours pas m' expliquer?
Sasuke: Hum... Je ne sais pas...
Yuna: Allez!
Sasuke: Non, plus tard...
Yuna: C' est toujours pareil avec toi! *Boude*
Sasuke: *Lui frotte le dessus de la tête avec sa main* Ne sois pas si contrariée... Quand tu sauras, tu regretteras de l' avoir su...
Yuna: ...
Ses propos m' ont intrigué. Toutes ces cachoteries sont louches! Mais bon, il faut croire que je ne pourrai pas savoir avant longtemps... Je vais devoir être patiente! En attendant, je continue de discuter avec mon frère, jusqu' à ce que Hiroe nous appel pour manger. On se lève donc pour aller dans la cuisine. Je descends les marches une par une, suivie de Sasuke. Une fois dans la cusine, on s' installe. Hiroe est très douée en cuisine! Elle me faisait toujours de bons plats quand j' étais petite. Sasuke la regarde d' un oeil mauvais. Quand il croise le regard noir que je lui lance, il continue de plus belle. Au bout d' un moment, j' abandonne l' idée de le faire regarder ailleurs. Hiroe nous sert ce qu' elle a préparé et s' assois à son tour. Son sourire s' efface quand elle voit le regard que lui lance Sasuke. Je pousse un long soupire sonore, pour faire comprendre à Sasuke que ce qu' il fait m' agace. Lassé, il a arrêté son petit jeu et s' est servi. J' ai allumé la télé et me suis servie à mon tour. Je n' ai jamais compris pourquoi ils y avaient autant de morts à la télé. Des gens meurent, mais c' est normal, non? Tout ce que les informations disent, c' est qu' il y a eu des morts. Peut-être des gens qui n' ont pas respecté le couvre-feu? Je ne sais pas, et ni Sasuke si Hiroe n' ont voulu m' expliquer. Cette fois encore je leur pose la question, et ils ne me répondent pas. Pour une fois, ils sont d' accord! Leur silence m' énerve, mais bon, j' aurai beau faire n' importe quoi ils ne me diront rien! J' ai déjà tout essayer.
Après avoir manger, je retourne dans ma chambre. Cette fois, c' est Sasuke qui vient sur mon lit. Comme tous les soirs, on discute de tout et de rien. C' est grâce à l' ennui qu' on s' est rapproché en si peu de temps. Je ne le connais que depuis deux ans, et je le concidère déjà comme mon frère. J' avoue qu' au début, notre relation était assez tendue. Quand on m' a dit qu' il était mon frère, je n' ai pas voulu y croire. Ca a été pareil pour lui. J' ai débarqué dans sa famille sans prévenir, alors c' est normal qu' il ne m' est pas trop aimé au début... Mais bon, maintenant on est de vrais frère et soeur! Mais ce qu' il ne comprend pas, c' est qu' il a une vraie famille... Et pas moi.
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L' homme qui vient de parler n' a pas une voix trop effrayante, mais l' obscurité me fait avoir des frissons. Tout ce que je sais, c' est que ce n' est pas un rôdeur! Parce que si c' était le cas, il m' aurait déjà tué depuis longtemps. Je fixe avec inquiétude cette silhouette qui me fait face. Ses yeux brillent dans l' obscurité, mais je n' en vois pas la couleur. Lui aussi me fixe, une expression mystérieuse sur le visage. Je ne sais pas ce qui va se passer, et je suis inquiète. Je ne peux pas mourir maintenant, quand j' aurai tout découvert, n' importe qui pourra me tuer, mais pas avant! Je décide enfin de me relever, pour lui faire vraiment face. Quand il me voit bouger, il se met sur ses gardes, prêt à me tuer si je tente quoi que ce soit contre lui. Je fais un pas en arrière, pour lui montrer que je n' ai rien contre lui. Il fait de même, ce qui me rassure. Il ne veut donc pas me tuer, mais alors que fait-il ici? Je ne pense pas qu' il répondrait si je lui posais la question... Et puis, il commence à se faire vraiment tard! Les rôdeurs sont déjà passés, mais il peuvent repasser à tout moment! Je recule donc encore d' un pas en m' inclinant. Visiblement, mon geste le surprend. Il semble encore plus surpris quand il entend le "merci" que je lui adresse. Sans doute par politesse, il s' incline rapidement à son tour, mais sans un mot. Cette petite scène semble l' agacer, il est donc temps que je m' en aille. Je recule donc encore d' un pas, pour ensuite tourner les talons dans la direction opposée, c' est à dire en dehors du cul-de-sac. Quand j' atteinds la sortie, je me retourne. L' individu n' est plus là. Instinctivement, je pousse un soupire de soulagement. Heureusement que ça ne s' est pas mal passé! Parce qu' en général, quand deux personnes qui ne se connaissent pas se croisent dehors apèrs le couvre-feu, ça ne fini pas très bien... D' ailleurs, je me demande pourquoi? La solidarité, c' est un mot que plus personne de connaît aujour' hui! Depuis que les rôdeurs ont débarqué, la vie ne mène plus à rien. J' aurai voulu connaître l' époque où le couvre-feu n' était pas encore instauré... Et l' abolir semble impossible, et puis il faudrait être fou pour se mesurer aux rôdeurs ET aux autres! Même à mille contre eux, c' est impossible. Ma seule raison de vivre, c' est de comprendre pourquoi tout s' est passé comme ça. Pourquoi eux? Je ne peux pas m' empêcher d' y penser, c' est plus fort que moi! On a jamais voulu m' expliquer ce qui se passait, mais maintenant je suis sur la bonne piste. Très bientôt, je découvrirai toute la vérité! Les indices se multiplient lentement, ils sont très précieux. Encore une fois, je marche sur ses pas. Je vais là où il allait ce soir là, l' heure était presque la même que maintenant. Dans ma tête, je visualise ses empreintes sur le sol. Je suis les traces de pas invisibles qui me mènent au même endroit que tous les soirs. Le lieu me fait repasser la scène dans ma tête. Tous les détails sont là, il me manque juste le pourquoi. Pourquoi était-il ici à ce moment là? Les rôdeurs viennent souvent par ici, c' est dangereux, et il le savait.
Je fais lentement demin-tour. Quand je suis assez éloignée du lieu où ça s' est passé, j' accélère le pas. Les rôdeurs ne sont pas loin, je le sens. Ce serait idiot de me faire attraper alors que je viens tout juste de leur échapper! Au moindre bruit, je me cache là où je peux. Je longe les murs et ne fais aucun bruit. Quand j' ai la confirmation que la voie est totalement libre, je me mets à courir sans bruit jusqu' à chez moi. Après quelques minutes, j' apperçois enfin ma maison. Je suis obligée de me précipiter sur la porte d' entrée à cause des rôdeurs que je sens se rapprocher. Je referme aussitôt la porte, sans bruit. Ce soir, j' ai vraiment eu beaucoup de chance! Il faudra que je fasse plus attention la prochaine fois! Je monte sans bruit dans ma chambre et me faufile dans mon lit. Je crois que je n' irai pas trop loin demain soir, sinon je risque de vraiment me faire attraper cette fois! Fatiguée, je m' endors en peu de temps. Toutes les nuits, je fais le même rêve. Il est dedans, ce qui s' est passé aussi. Un jour, je saurai ce que tu ne voulais pas me dire, je le jure!
Il faut se contenter de découvrir,mais se garder d' expliquer. Georges Braque